L'architecture européenne en Tunisie,
XIXe et XXe siècles.
Ce projet fait suite à une demande tunisienne, et vise à permettre une meilleure connaissance des diverses formes d'architecture de facture européenne, ou apparaissant de facture européenne, dans la Tunisie contemporaine. Il a fait l’objet en 2005 d’une demande au Comité mixte de coopération universitaire dans le cadre du programme d’actions intégrées avec la Tunisie soutenu par le ministère des Affaires étrangères (programme Utique), et dispose de quelques moyens en mobilité pour les jeunes chercheurs tunisiens durant les trois années à venir (2006-2008). Si elle concerne de façon majoritaire l’architecture coloniale, la perspective du projet n’a pas été limitée, volontairement, à la temporalité strictement coloniale afin de pouvoir prendre en compte de façon élargie les dynamiques d'européanisation culturelle et sociale, y compris dans leur dimension endogène et "minoritaire". Le corpus considéré inclut aussi bien les "arabisances" que le style "Beaux-Arts" (éclectismes et historicismes faisant référence à des modèles situés en Europe), les formes locales d'Art nouveau et d'Art déco que l’architecture officielle, l'architecture cultuelle comme l'architecture domestique, sans oublier les édifices produits dans le cadre d'une maîtrise d'oeuvre et/ou d'ouvrage italienne, espagnole, etc... Il concerne un domaine d’investigation pour lequel il existe une forte demande de connaissance, mais en revanche un déficit en matière d’encadrement et de méthodes, compte tenu de la nouveauté du domaine dans le paysage scientifique tunisien. Le projet se fixe comme objectif, à partir des travaux des jeunes chercheurs tunisiens auxquels l’équipe française offre encadrement et soutien, en concertation avec leurs directeurs tunisiens, de parvenir à un repérage des fonds disponibles : archives publiques en Tunisie (de la municipalité, des titres fonciers, des Domaines, etc...) et en France (à commencer par les archives rapatriées des postes à Nantes, archives diplomatiques à Paris, mais aussi archives de l'architecture du XXe siècle, documentation architecture du Musée d'Orsay, etc.), ou privées dans les deux pays (archives des congrégations religieuses chrétiennes, archives d'architectes ou d'entreprises, archives photographiques, etc...), et de favoriser le développement d’approches croisées sur les objets d’enquête choisis. Les travaux des doctorants de l’équipe tunisienne ont été présentés à la réunion de lancement de l’action intégrée qui s’est tenue à Tunis le 29 juin 2006. Les principales orientations de recherche qui vont être développées concernent l’architecture palatiale du second XIXe siècle dans la périphérie de Tunis, le développement heurté des salles de cinéma de 1908 à nos jours (qui a fait d’ores et déjà apparaître des cycles d’existence extrêmement courts), l’architecture des églises catholiques en Tunisie, entre culture diocésaine et enracinement local, et les lotissements d’habitation à bon marché, financés par des systèmes de crédit mutuel dans l’entre-deux-guerres. Des chercheurs qualifiés sur ces thèmes seront associés à l’action pour des missions ponctuelles d’encadrement des doctorants tunisiens. L’action doit se clôre en 2008 par un colloque à Tunis.
|
Identification et valorisation du patrimoine
urbain de Port-Saïd et Ismailia.
Les villes créées à l’occasion du percement du canal du Suez, Port-Saïd, Ismaïlia et le quartier de Port-Tewfiq à Suez, possèdent un patrimoine architectural et urbain singulier. Issu du croisement des doctrines urbanistiques patronale et coloniale mais aussi largement marqué par l’interaction des normes européennes avec les réalités locales, ce patrimoine est riche d’une grande diversité de formes. Depuis 2004 et sous l’impulsion de l’Alliance française de Port-Saïd, des missions d’inventaire des édifices construits entre les années 1860 et 1960 sont conduites dans les trois villes. Aux premières enquêtes de terrain réalisées par des équipes de géographes (Citères, Tours) et de jeunes architectes en formation à l’Ecole de Chaillot (Cité de l’architecture et du patrimoine), succèdent aujourd’hui un travail de recherche plus approfondi qui vise à confronter le bâti aux données historiques issues des sources documentaires identifiées en France, en Égypte et en Europe (voir : L’Isthme de Suez : un espace inventé aux confins de l’Egypte). Deux guides d’architecture publiés en 2006 et 2009 rendent compte du travail d’inventaire conduit ces cinq dernières années à Port-Saïd et Ismaïlia. Des projets de mise en valeur et de protection des ensembles urbains, initiés par ces travaux, pourraient prochainement voir le jour dans les centres historiques de ces deux villes. |
Répertoire des architectes actifs en Algérie
durant les XIXe et XXe siècles
(base de données informatisée ArchiAlgérie).
|
Italy: Ferdinando Panciatichi Ximenes d'Aragona, Castello di Sammezzano, 1863 ca.
Photo: Ezio Godoli
|